PC12
Permis de construire · Attestation technique

L’attestation
parasismique

Avant de demander une attestation, il faut vérifier trois choses : la zone de sismicité, la catégorie d’importance du bâtiment et la nature de l’opération. Ces données déterminent si le projet entre dans le champ des règles et de l’attestation parasismiques.

Principe Adresse → zone de sismicité → catégorie du bâtiment → attestation
Illustration pédagogique : utilisez une source officielle pour déterminer la zone réelle du projet.
1. LocaliserDéterminer la zone sismique
2. ClasserCatégorie I, II, III ou IV
3. ConsulterContrôleur technique ou intervenant habilité
4. JoindreAttestation au dossier lorsqu’elle est requise
01 · Comprendre

À quoi sert l’attestation parasismique ?

L’attestation confirme, au stade de la conception, que le projet a bien pris en compte les règles de construction parasismique applicables.

Depuis le 1er janvier 2024, le Code de la construction et de l’habitation encadre directement cette attestation. Elle doit notamment indiquer la zone de sismicité, la catégorie du bâtiment et les principales informations techniques permettant d’apprécier la prise en compte des règles parasismiques.

Ce n’est pas une simple formalité administrative L’attestateur se prononce sur la base des documents techniques qui lui sont transmis. Il peut demander des éléments complémentaires si le dossier est insuffisant.
02 · Champ d’application

Quand l’attestation est-elle requise ?

Pour les bâtiments à risque normal, l’obligation dépend de la combinaison entre zone sismique et catégorie d’importance.

Zone de sismicité Catégories concernées par l’attestation au stade conception Lecture pratique
Zone 1 — très faible Pas dans le champ prévu par R.122-36 pour les bâtiments à risque normal. Pas d’attestation sismique au titre de ce dispositif.
Zone 2 — faible Catégories III et IV Les bâtiments de catégorie II ne sont pas visés par cette attestation en zone 2.
Zones 3, 4 et 5 Catégories II, III et IV La majorité des constructions courantes de catégorie II entrent alors dans le champ.
Ne concluez pas uniquement à partir de la carte Connaître la zone sismique ne suffit pas : il faut également déterminer correctement la catégorie d’importance du bâtiment et vérifier la nature des travaux. Les travaux sur l’existant peuvent relever de règles spécifiques.
03 · Cartographie

Comment connaître la zone de sismicité du projet ?

Le moyen le plus simple en agence consiste à partir de l’adresse du projet et à la vérifier sur une carte officielle.

1

Ouvrir Géorisques

Recherchez directement l’adresse, la commune ou la parcelle du projet.

2

Afficher les couches de risques

Dans la carte interactive, ouvrez le menu des couches et activez la thématique liée aux séismes / zonage sismique.

3

Interroger le point du projet

Cliquez sur l’emplacement du terrain pour afficher les informations disponibles et identifier la zone réglementaire.

4

Reporter l’information dans votre dossier technique

Notez par exemple « zone de sismicité 3 — modérée » et conservez la source utilisée.

Carte interactive Géorisques

Recherche par adresse, commune, département ou région et affichage des couches de risques.

Ouvrir la carte ↗
Guide officiel Géorisques

Explique comment afficher les couches, la légende et interroger la carte.

Voir le guide ↗
Les 5 zones réglementaires Le territoire français est divisé en cinq zones : 1 très faible, 2 faible, 3 modérée, 4 moyenne et 5 forte.
04 · Classement

Déterminer la catégorie d’importance du bâtiment

La catégorie d’importance n’est pas la catégorie ERP. Il s’agit d’un classement parasismique spécifique allant de I à IV.

Catégorie Exemples courants Lecture pratique
I Bâtiments excluant une activité humaine nécessitant un séjour de longue durée, hors catégories supérieures. Enjeu humain limité.
II Maisons individuelles, ERP de 4e et 5e catégories hors établissements scolaires, nombreux logements collectifs, bureaux ou bâtiments courants sous certains seuils. Catégorie très fréquente dans les projets architecturaux courants.
III Établissements scolaires, ERP de 1re à 3e catégories, certains bâtiments de grande hauteur ou accueillant plus de 300 personnes. Enjeu humain supérieur.
IV Bâtiments nécessaires à la sécurité civile, à certains services vitaux, à des établissements de santé spécifiques ou à la continuité de fonctions essentielles. Fonctions stratégiques devant rester opérationnelles.
Toujours contrôler le classement dans le texte Le tableau ci-dessus est volontairement simplifié. Certains seuils d’effectif, de hauteur, d’usage ou de fonction modifient la catégorie. Pour un projet réel, vérifiez l’article 2 de l’arrêté du 22 octobre 2010 dans sa version en vigueur.
Classification officielle des bâtiments

Arrêté du 22 octobre 2010 — catégories d’importance et règles parasismiques des bâtiments à risque normal.

Consulter ↗
05 · Intervenants

Qui consulter pour établir l’attestation ?

Pour un projet soumis à l’attestation, le premier interlocuteur à contacter est généralement un contrôleur technique disposant des compétences et agréments nécessaires.

Cas général

Contrôleur technique

Le maître d’ouvrage lui confie une mission portant sur la prise en compte des règles parasismiques.

L’attestateur examine les documents disponibles et peut demander des compléments.

Maison individuelle

Dérogation prévue par les textes

Le ministère indique que, pour les maisons individuelles, l’attestation au dépôt peut également être établie par tout constructeur dans les conditions prévues par le dispositif.

En cas de doute, faites valider le choix de l’attestateur avant le dépôt.

Architecte ≠ attestateur automatique L’architecte prépare le dossier et peut rassembler les informations, mais il ne faut pas considérer qu’il peut signer lui-même l’attestation uniquement parce qu’il est architecte. Vérifiez la qualité requise de l’attestateur pour l’opération concernée.
Plateforme Attestations-construction

Plateforme officielle destinée aux professionnels pour générer et signer les attestations réglementaires de construction.

Accéder ↗
06 · Préparer la demande

Quels documents transmettre au contrôleur technique ?

Au stade du permis de construire, le contrôleur technique établit l’attestation à partir des éléments disponibles au moment de la conception. Il faut lui transmettre un dossier suffisamment clair pour qu’il puisse identifier le projet, son classement et les principes structurels envisagés.

Le dossier de base à préparer en agence

Coordonnées du maître d’ouvrage
Adresse et références du projet
Plans du projet au stade du permis
Zone de sismicité du projet
Catégorie d’importance du bâtiment
Nombre de niveaux et usage du bâtiment
Principe constructif envisagé
Principe de fondations et de soutènement si connu

Pour les bâtiments autres que les maisons individuelles

L’arrêté du 22 décembre 2023 prévoit également la transmission des informations permettant de classer l’ouvrage en catégorie d’importance et d’une notice explicative portant sur le cheminement des charges verticales et horizontales ainsi que sur le principe des fondations et des soutènements.

La notice structurelle peut rester adaptée au stade PC Au permis, le projet n’est pas nécessairement dimensionné comme en phase d’exécution. L’objectif est de transmettre au contrôleur les principes connus : système porteur, contreventement envisagé, organisation des niveaux, fondations prévues ou hypothèses retenues. Le contrôleur indique ensuite si des informations complémentaires sont nécessaires.

Et l’étude de sol ?

Une étude de sol complète n’est pas une pièce obligatoire à joindre au permis Il faut distinguer les documents nécessaires à l’attestateur des pièces à déposer avec la demande de permis de construire. La FAQ officielle du ministère précise que les études et éléments techniques cités par l’arrêté du 22 décembre 2023 ne sont pas à joindre au dossier de permis : seul le formulaire d’attestation parasismique doit être joint au PC.

L’arrêté demande néanmoins au maître d’ouvrage de remettre à l’attestateur des éléments géotechniques faisant apparaître la classe de sol. Il ne faut donc pas traduire cette exigence par « une G2 PRO obligatoire avant le permis ». Le ministère précise qu’aucun type précis d’étude de sol — G2 AVP, G2 PRO ou autre — n’est imposé : les informations disponibles doivent simplement permettre à l’attestateur de renseigner les rubriques de l’attestation.

Si l’étude géotechnique est encore en cours au moment du permis, ce n’est pas nécessairement bloquant. La FAQ ministérielle indique que l’attestateur peut préciser dans sa conclusion que certains éléments manquants lui seront transmis ultérieurement afin de compléter l’attestation requise à l’achèvement des travaux.

À transmettre si disponible

Étude géotechnique déjà réalisée.

Classe de sol identifiée.

Hypothèses de fondations.

Informations sur les soutènements.

Études ou notes structurelles déjà produites.

Si l’étude de sol est en cours

Prévenir le contrôleur technique.

Transmettre les éléments géotechniques déjà disponibles.

Indiquer les hypothèses utilisées au stade PC.

Prévoir la transmission des données définitives pour la suite de l’opération.

Cas particulier : PPR sismique Une étude préalable peut en revanche être expressément demandée lorsqu’un Plan de prévention des risques sismiques (PPRS) applicable au terrain l’impose. Il faut donc vérifier le PPR en plus du zonage sismique national.

En pratique : le mail à envoyer au contrôleur

DOSSIER À TRANSMETTRE

01 — Projet : plans PC, coupes, façades et plan de masse.

02 — Administratif : adresse, commune, maître d’ouvrage et objet des travaux.

03 — Parasismique : zone de sismicité et catégorie d’importance envisagée.

04 — Structure : principe constructif, cheminement des charges, contreventement, fondations et soutènements selon les informations disponibles.

05 — Géotechnique : étude ou éléments disponibles permettant d’identifier la classe de sol ; si l’étude est en cours, le signaler au contrôleur.

06 — PPR : étude préalable uniquement lorsqu’elle est exigée par un PPRS applicable.

Ne pas écrire « étude de sol obligatoire pour déposer le PC » Cette formulation serait trop générale. Pour l’attestation, la réglementation vise des éléments géotechniques permettant d’identifier la classe de sol. Le ministère confirme qu’une étude encore en cours n’est pas, à elle seule, un point bloquant pour l’attestation au stade du permis.
07 · Méthode agence

Une méthode simple avant le dépôt

1

Identifier la commune et la zone sismique

Vérifier sur Géorisques et conserver la source.

2

Classer le bâtiment

Déterminer la catégorie I, II, III ou IV selon l’usage, l’effectif, la hauteur et la fonction.

3

Vérifier si l’attestation est exigée

Croiser la zone et la catégorie avec l’article R.122-36 du CCH.

4

Consulter l’attestateur assez tôt

Éviter de demander l’attestation la veille du dépôt : des éléments structurels ou géotechniques peuvent être réclamés.

5

Transmettre un dossier cohérent

Plans PC, principe structurel, étude de sol, informations sur les fondations et coordonnées du maître d’ouvrage.

6

Joindre l’attestation signée au permis

Contrôler que l’opération, le maître d’ouvrage, l’adresse, la catégorie et la zone correspondent bien au dossier déposé.

08 · Après chantier

Une nouvelle attestation peut être nécessaire à l’achèvement

L’attestation jointe au permis porte sur le stade de la conception. Pour les opérations concernées, une attestation spécifique est également prévue à l’achèvement des travaux.

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit à l’achèvement une attestation du respect des règles relatives aux risques sismiques pour les mêmes combinaisons principales de zones et catégories : catégories II, III et IV en zones 3 à 5, et catégories III et IV en zone 2.

À anticiper dès le chantier Ne considérez pas le PC12 comme un document isolé du reste de l’opération. Conservez les études, avis et documents structurels nécessaires pour permettre l’établissement de l’attestation finale lors de la DAACT.
09 · Avant dépôt

Checklist rapide

Adresse exacte du projet
Zone de sismicité vérifiée sur source officielle
Catégorie d’importance vérifiée
Champ d’application contrôlé
Attestateur identifié
Mission commandée suffisamment tôt
Étude de sol transmise si disponible / nécessaire
Plans PC transmis
Attestation signée
Données cohérentes avec le Cerfa et les plans
Se fier uniquement à « la commune est en zone sismique »

La zone doit être croisée avec la catégorie d’importance du bâtiment.

Confondre catégorie ERP et catégorie d’importance parasismique

Les deux classements sont liés dans certains cas mais ne sont pas la même chose.

Contacter le contrôleur trop tard

L’attestateur peut demander une étude de sol, des informations structurelles ou d’autres documents complémentaires.

10 · Vérifier

Sources officielles à garder sous la main

Géorisques

Pour localiser le projet, afficher les couches de risques et vérifier le zonage sismique.

Code de la construction et de l’habitation — R.122-36

Pour vérifier les catégories de bâtiments et zones soumises à l’attestation au stade de la conception.

Arrêté du 22 octobre 2010

Pour la classification des bâtiments en catégories d’importance I à IV et les règles parasismiques applicables.

Arrêté du 22 décembre 2023

Pour le contenu de l’attestation sismique au dépôt du permis et à l’achèvement des travaux.

Ministère chargé de la construction

Pour les explications pratiques, la FAQ et l’accès à la plateforme Attestations-construction.

Toujours vérifier la version en vigueur Le contenu de cette fiche est conçu comme une méthode de travail. Avant un dépôt réel, contrôlez les textes officiels, le zonage et les formulaires applicables à la date du projet.