PC2
Permis de construire · Pièce graphique

Le plan
de masse

Le PC2 présente le projet dans sa parcelle : constructions existantes et projetées, implantation, dimensions, niveaux, accès, réseaux, plantations et aménagements extérieurs.

N ↑
5,00 m ↔
ACCÈS
Exemple schématique — un bon plan de masse permet de comprendre immédiatement l’implantation du projet.
Implantation Distances, dimensions et limites
Altimétrie Terrain naturel et niveaux du projet
Accès Piétons, véhicules et stationnement
Réseaux Raccordements et gestion des eaux
01 · Comprendre

À quoi sert le PC2 ?

Le plan de masse permet d’apprécier le projet dans sa totalité. Contrairement au PC1, qui localise le terrain dans la commune, le PC2 zoome sur l’unité foncière et explique précisément ce qui existe, ce qui est conservé, ce qui est démoli et ce qui est créé.

Il constitue l’une des pièces les plus importantes du dossier : de nombreuses règles du PLU ou du PLUi peuvent être contrôlées directement à partir de ce plan.

Le bon réflexe Le plan de masse ne doit pas seulement être beau. Il doit permettre de mesurer, vérifier et comprendre le projet.
02 · Préparer

Avant de commencer le plan

Un plan de masse fiable dépend d’abord de la qualité des informations de départ.

Limites parcellaires identifiées
Bâtiments existants relevés
Topographie connue si nécessaire
Accès et voirie repérés
Règles du PLU / PLUi analysées
Servitudes et contraintes identifiées
Cadastre et géomètre : deux usages différents Le cadastre peut servir de base de repérage, mais lorsqu’une implantation dépend précisément d’une limite, d’une altitude ou d’un élément foncier, un relevé topographique et/ou des informations établies par un professionnel compétent peuvent être nécessaires.
03 · Méthode

Construire le PC2 étape par étape

1

Commencer par l’état existant

Terrain, limites, bâtiments, murs, accès, végétation et éléments importants déjà présents.

2

Ajouter le projet

Implantation des constructions, extensions, terrasses, stationnements, cheminements et autres aménagements.

3

Coter ce qui démontre la conformité

Distances aux limites, dimensions principales, reculs, largeur des accès et autres valeurs nécessaires à la lecture réglementaire.

4

Ajouter les niveaux

Lorsque le relief ou les règles de hauteur le nécessitent, faites apparaître clairement terrain existant et projeté ainsi que les niveaux utiles.

5

Compléter les aménagements

Plantations, espaces verts, clôtures, stationnements, accès, gestion des eaux et réseaux selon le projet.

6

Contrôler avec toutes les autres pièces

Le PC2 doit être cohérent avec les coupes, façades, notice et insertion graphique.

04 · Checklist

Que doit faire apparaître le plan ?

Le contenu exact dépend du projet. Le plan doit permettre de comprendre les constructions, le terrain, les accès, les aménagements et les principaux raccordements utiles à l’instruction.

Orientation du terrain
Limites et dimensions utiles du terrain
Constructions existantes
Constructions projetées
Parties éventuellement démolies
Distances aux limites
Accès au terrain
Stationnements et cheminements utiles
Matérialité des sols : espaces verts, enrobé, pavés, revêtements infiltrants…
Clôtures et portails : implantation, hauteur et matérialité
Plantations conservées / supprimées / créées
Niveaux utiles du terrain et du projet
Raccordements aux réseaux concernés
Échelle du plan et échelle graphique
Orientation du terrain par rapport au nord
05 · Relief

Comprendre et représenter les niveaux du terrain

Le plan de masse est coté dans les trois dimensions. Il est donc important de connaître les niveaux du terrain et de distinguer clairement le terrain naturel (TN) du terrain projeté (TP).

Terrain naturel et terrain projeté : quelle différence ?

Terrain naturel — TN

Le terrain naturel correspond au profil et aux niveaux du terrain avant les travaux du projet. Il constitue l'état de référence permettant de comprendre la topographie existante du site.

Terrain projeté — TP

Le terrain projeté correspond aux niveaux prévus après réalisation des travaux : terrassements, remblais, déblais, plateformes, rampes, talus et autres modifications du terrain.

Exemple simple Si le terrain naturel se trouve à +152,40 m et que le projet prévoit un remblai de 40 cm à cet endroit, le terrain projeté sera à +152,80 m. À l'inverse, un déblai fait descendre le niveau projeté sous le niveau naturel.

Comment connaître les niveaux du terrain naturel ?

En pratique, deux méthodes peuvent être utilisées. Elles n'offrent cependant pas le même niveau de précision.

1

La méthode recommandée : le plan topographique

La solution à privilégier consiste à faire réaliser un relevé topographique par un professionnel compétent, généralement un géomètre-expert ou un cabinet de géomètres.

Il fournit des points altimétriques relevés sur le terrain et permet de représenter précisément les pentes, ruptures de niveau, bâtiments, murs, voiries et autres éléments utiles au projet.

Cette méthode doit être privilégiée lorsque l'altimétrie influence directement la conformité du projet : hauteur, terrain en pente, terrassements, soutènements, accès ou proximité des limites.

2

La méthode indicative : le profil altimétrique de Géoportail

En l'absence de relevé topographique, l'outil de profil altimétrique de Géoportail peut donner une première estimation du relief et de la pente générale du terrain.

Cette méthode peut servir pour une étude de faisabilité, lorsque l'on manque de temps ou lorsque le maître d'ouvrage ne souhaite pas encore engager le coût d'un relevé topographique.

Elle reste toutefois indicative et ne remplace pas des niveaux relevés précisément sur site.

Géoportail

Le profil altimétrique peut aider à apprécier rapidement la pente générale d'un terrain lorsqu'aucun relevé topographique n'est disponible.

Ouvrir Géoportail ↗
Géoportail ne remplace pas un relevé topographique Les altitudes obtenues à partir de données altimétriques en ligne doivent être considérées comme indicatives. Dès que quelques centimètres peuvent avoir une incidence sur la conformité du projet, privilégiez un relevé réalisé sur site.

Différencier graphiquement TN et TP

Le lecteur doit pouvoir distinguer immédiatement les niveaux existants des niveaux après travaux. Il est donc recommandé d'adopter une convention graphique constante sur l'ensemble du dossier.

Exemple : TN en rouge

Les cotes correspondant au terrain naturel peuvent par exemple être écrites ou repérées en rouge et accompagnées de la mention TN.

Exemple : TP en bleu

Les cotes correspondant au terrain projeté peuvent par exemple être représentées en bleu et accompagnées de la mention TP.

Les couleurs sont une convention graphique Rouge pour le TN et bleu pour le TP constituent ici un exemple de convention de dessin, et non une obligation réglementaire. L'essentiel est de prévoir une légende explicite et de conserver la même convention sur le PC2, le PC3 et les autres pièces concernées.

Prévoir une légende altimétrique

Une petite légende dédiée aux niveaux est fortement recommandée. Elle évite toute ambiguïté et permet notamment d'expliquer les abréviations et conventions utilisées.

TNTerrain naturel avant travaux
TPTerrain projeté après travaux
± 0,00Niveau de référence du projet, généralement choisi au niveau du RDC
Éviter de surcharger le plan de masse Lorsque de nombreux points altimétriques sont indiqués, répéter « TN » et « TP » à côté de chaque cote peut rapidement rendre le plan difficile à lire.

Il est donc recommandé d'utiliser une légende altimétrique associée à une convention graphique claire. Par exemple, les niveaux du terrain naturel peuvent être représentés selon une convention graphique et les niveaux du terrain projeté selon une autre. La légende explique ensuite une seule fois la signification de chaque représentation.

Les mentions TN et TP peuvent néanmoins être conservées ponctuellement lorsqu'elles sont nécessaires pour éviter toute ambiguïté.

Qu'est-ce que le NGF-IGN69 ?

En France continentale, le système d'altitude officiel est le NGF-IGN69 (Nivellement Général de la France). Il permet d'exprimer une altitude dans un référentiel national commun, plutôt qu'à partir d'un zéro arbitraire propre au projet.

Ainsi, une cote telle que 152,40 m NGF-IGN69 désigne une altitude rattachée au système national. À l'inverse, une cote telle que ± 0,00 est une cote relative choisie comme référence pour le projet.

En pratique, on choisit généralement le niveau ± 0,00 par rapport au niveau de référence du rez-de-chaussée du projet, souvent le niveau du plancher fini du RDC. Les autres niveaux de la construction et du terrain peuvent ensuite être exprimés par rapport à cette référence.

Exemple de référence Si le niveau fini du rez-de-chaussée est retenu comme ± 0,00 et correspond à l'altitude 152,80 m NGF-IGN69, on peut indiquer dans la légende ou sur le plan :

± 0,00 projet = 152,80 m NGF-IGN69

Cette correspondance permet de conserver une lecture simple avec des niveaux relatifs tout en rattachant le projet à une altitude de référence. Le choix du ± 0,00 reste une convention de projet : il doit surtout être clairement défini et utilisé de manière cohérente sur toutes les pièces.
Pourquoi utiliser un référentiel altimétrique ? Le rattachement à un référentiel commun facilite la comparaison entre le terrain, la voirie, les réseaux et les différents documents techniques. Il évite également les ambiguïtés entre plusieurs « niveaux zéro ». En France continentale, la référence usuelle est le NGF-IGN69 ; d'autres références existent selon les territoires.
Cas particulier : zone inondable Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, le Code de l'urbanisme prévoit que les cotes du plan de masse soient rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. Il faut donc vérifier le référentiel demandé par le document applicable au terrain.

Enfin, les niveaux du PC2 doivent être cohérents avec le PC3 — plan en coupe. Le terrain naturel, le terrain projeté, les seuils, niveaux de plancher et terrassements ne doivent pas varier d'une pièce à l'autre.

06 · Présentation réglementaire

Ne pas oublier l’échelle graphique

Le plan de masse doit préciser son échelle et celle-ci doit également être traduite sous la forme d’une échelle graphique. Il ne faut donc pas se contenter d’inscrire uniquement une mention telle que « Échelle 1/200 » dans le cartouche.

Exemple En plus de la mention Échelle : 1/200, ajoutez une barre d’échelle graphique directement sur la planche, par exemple :

0 ━━━━━ 5 m ━━━━━ 10 m

Cette échelle graphique est particulièrement utile lors d’un dépôt numérique : si la planche est affichée à l’écran, réduite, agrandie ou imprimée dans un autre format, la barre graphique reste proportionnelle au dessin et permet toujours d’en apprécier l’échelle.

Un petit oubli qui peut faire perdre du temps L’échelle graphique du plan de masse est prévue par l’article A.431-9 du Code de l’urbanisme. Son absence peut donc conduire le service instructeur à considérer que la pièce ne comporte pas toutes les indications réglementaires attendues et, selon le dossier, à demander sa régularisation ou une pièce complétée.

Une telle demande peut retarder inutilement l’instruction du permis. Avant le dépôt, vérifiez donc systématiquement la présence de l’échelle, de l’échelle graphique et de l’orientation par rapport au nord.
Le réflexe ArchiBalise Avant d’exporter le dossier PDF, contrôlez le cartouche mais aussi la planche elle-même :

✓ Échelle indiquée
✓ Échelle graphique visible
✓ Nord indiqué
✓ Échelle graphique cohérente avec le dessin
07 · Contrôle réglementaire

Coter ce qui doit être vérifié

Une cote utile est une cote qui aide à démontrer la conformité du projet. Il ne s’agit pas de transformer le PC2 en plan d’exécution.

Recul à la voie Distance utile entre la construction et la limite concernée.
Limites séparatives Implantation ou recul du projet par rapport aux limites.
Dimensions Dimensions principales nécessaires pour comprendre l’emprise du projet.
Accès Largeur ou géométrie lorsque celle-ci est réglementée.
Stationnement Dimensions et organisation lorsqu’elles sont nécessaires à la démonstration.
Espaces libres Surfaces ou dimensions si le règlement impose des objectifs précis.
08 · Aménagements extérieurs

Préciser la matérialité des sols, clôtures et portails

Le plan de masse ne doit pas représenter uniquement les bâtiments. Les aménagements extérieurs participent eux aussi à la lecture du projet et peuvent être directement concernés par les règles du PLU ou du PLUi.

La matérialité des sols

Il est important d'identifier clairement les différents traitements de sol prévus sur la parcelle. Une légende graphique permet par exemple de distinguer : espaces verts et surfaces de pleine terre, enrobé, pavés, pavés infiltrants, gravier, stabilisé, terrasses ou autres revêtements perméables et imperméables.

Cette distinction est particulièrement utile lorsque le règlement impose une proportion d'espaces verts, de pleine terre, de surfaces perméables ou lorsqu'il faut démontrer la gestion des eaux pluviales.

Le bon réflexe Ne vous contentez pas de dessiner des zones avec des hachures différentes : nommez les matériaux dans une légende. L'instructeur doit pouvoir comprendre immédiatement ce qui est végétalisé, perméable ou imperméabilisé.

Les clôtures et les portails : un oubli fréquent

Les clôtures et portails sont souvent dessinés sur le plan de masse sans être suffisamment décrits. Pourtant, leur aspect peut être réglementé, notamment en limite de voie ou en limite séparative.

Implantation de la clôture
Hauteur totale prévue
Matérialité : mur, grillage, métal, bois, haie…
Portail battant ou coulissant
Hauteur et matériau du portail
Largeur et position de l'accès
Erreur très fréquente Indiquer simplement « clôture projetée » ou dessiner un portail ne suffit pas toujours à comprendre le projet. Pensez à préciser au minimum la hauteur et la matérialité de la clôture et du portail, et à vérifier leur cohérence avec la notice et les autres pièces graphiques.
09 · Technique

Les raccordements et réseaux

Le plan de masse doit, lorsque cela est applicable, montrer les modalités de raccordement aux équipements publics ou les dispositifs prévus sur le terrain.

Selon le projet, cela peut concerner l’alimentation en eau, l’assainissement, les eaux pluviales ou d’autres réseaux. La représentation doit rester adaptée au niveau d’un dossier d’autorisation d’urbanisme.

Prévoir une légende des réseaux

Dès que plusieurs réseaux sont représentés sur le plan de masse, il est recommandé d'ajouter une légende claire. Elle permet d'identifier rapidement chaque tracé et d'éviter les confusions entre les différents réseaux.

EUEaux usées
EPEaux pluviales
AEPAlimentation en eau potable
ÉlectricitéRaccordement électrique
TélécomRéseau de télécommunications
AutresGaz, chauffage ou réseaux propres au projet
Une convention graphique constante Couleurs, types de traits et abréviations peuvent varier d'une agence à l'autre. Ce qui compte est que chaque réseau soit identifiable grâce à une légende et que la convention choisie soit utilisée de manière cohérente sur toute la planche.
Attention Les exigences locales peuvent varier, notamment pour la gestion des eaux pluviales et l’assainissement. Consultez le PLU/PLUi, les annexes, le règlement d’assainissement et les prescriptions du gestionnaire compétent lorsque le projet le nécessite.
10 · Graphisme

Distinguer clairement l’existant et le projet

Lorsque le projet concerne un terrain déjà bâti, notamment en cas de réhabilitation, d’extension ou de démolition-reconstruction, il peut être pertinent de présenter deux plans de masse distincts afin de faciliter la lecture du dossier.

PC2a — Plan de masse de l’état existant

En pratique, on rencontre fréquemment l’appellation PC2a pour désigner le plan de masse de l’état existant. Il permet de représenter clairement la situation avant travaux : constructions existantes, accès, murs, végétation, niveaux du terrain, aménagements et autres éléments présents sur la parcelle.

PC2b — Plan de masse du projet

L’appellation PC2b est alors souvent utilisée pour le plan de masse de l’état projeté. Il présente les constructions conservées ou créées, les démolitions, les nouveaux accès, stationnements, plantations, aménagements extérieurs et niveaux projetés.

PC2a / PC2b : une convention de présentation Les appellations PC2a et PC2b sont des conventions de classement que l’on peut rencontrer dans les dossiers, mais elles ne constituent pas une nomenclature nationale imposée.

Selon l’agence, le service instructeur ou la manière dont le dossier est organisé, les documents peuvent donc porter d’autres intitulés, par exemple : « PC2 — État existant », « PC2 — État projeté », « PC2.1 » et « PC2.2 », ou être réunis sur une même planche.

L’essentiel est que la distinction entre l’état avant travaux et l’état après travaux soit immédiatement compréhensible.

Quelle que soit la nomenclature choisie, utilisez une légende et une hiérarchie graphique constantes. Des trames différentes peuvent par exemple distinguer existant conservé, démoli et projeté.

11 · Contrôle

Les erreurs fréquentes

Oublier l’échelle graphique

Mentionner uniquement « 1/200 » ou « 1/500 » n’est pas suffisant : le PC2 doit comporter une échelle graphique. Son absence peut conduire à une demande de régularisation ou de complément et retarder inutilement l’instruction du permis.

Utiliser uniquement le fond cadastral

Le cadastre ne contient pas toutes les informations nécessaires à un plan de masse de projet.

Ne pas coter les reculs importants

L’instructeur doit alors essayer de déduire lui-même la conformité à partir du dessin.

Oublier le terrain projeté

Sur un terrain en pente, les terrassements peuvent pourtant modifier fortement la perception du projet.

Créer des incohérences entre PC2 et PC3

Les altitudes, murs, accès et terrassements doivent correspondre entre le plan de masse et les coupes.

Faire un plan trop technique

Un PC2 n’est pas un plan VRD d’exécution. Les informations doivent rester hiérarchisées et lisibles.

Ne pas préciser la matérialité des sols

Espaces verts, enrobé, pavés, pavés infiltrants et autres revêtements doivent être distingués lorsque cela est utile à la compréhension ou à la vérification réglementaire du projet.

Oublier la hauteur et la matérialité des clôtures et portails

C'est un oubli fréquent : une clôture ou un portail dessiné sans hauteur ni matériau peut rendre le dossier incomplet ou ambigu au regard des prescriptions du règlement local.

Sources réglementaires

Pour une utilisation réelle, vérifiez toujours la version en vigueur du Code de l’urbanisme, du formulaire et de sa notice ainsi que les règles locales applicables au terrain. ArchiBalise doit servir de méthode de travail, pas remplacer la lecture des textes officiels.