PC3
Permis de construire · Pièce graphique

Le plan
en coupe

Le PC3 permet de comprendre comment la construction s’implante par rapport au profil du terrain. Il met en relation le terrain naturel, le terrain projeté, les niveaux du bâtiment et les modifications apportées au relief.

± 0,00
+ 3,00
TN — terrain naturel
TP — terrain projeté
Exemple schématique — la coupe doit permettre de comprendre immédiatement la relation entre le terrain et la construction.
Terrain Profil avant et après travaux
Niveaux TN, TP, RDC et altitudes utiles
Construction Implantation verticale et hauteur
Terrassements Déblais, remblais et modifications du relief
01 · Comprendre

À quoi sert le PC3 ?

Le plan en coupe précise l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain. Il permet donc de lire le projet dans sa dimension verticale.

Il est particulièrement important dès que le terrain est en pente, qu’un terrassement est prévu, qu’un niveau de rez-de-chaussée doit être justifié ou que les règles de hauteur dépendent du terrain naturel.

Exigence réglementaire L’article R.431-10 b du Code de l’urbanisme prévoit un plan en coupe précisant l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain. Lorsque les travaux modifient ce profil, le plan doit faire apparaître l’état initial et l’état futur.
02 · Implantation

Bien choisir le trait de coupe

Le PC3 n’est pas une coupe choisie au hasard. Son emplacement doit permettre d’expliquer le projet là où la relation entre construction et terrain est la plus significative.

Faire passer la coupe dans la construction
Montrer la pente principale du terrain
Montrer les terrassements importants
Montrer les accès ou rampes si nécessaire
Montrer les murs de soutènement importants
Repérer le trait de coupe sur le PC2
Le bon réflexe Le trait de coupe doit être reporté sur le plan de masse avec son sens de lecture, par exemple A–A’. Le lecteur doit pouvoir comprendre immédiatement où la coupe traverse le terrain et la construction.
03 · Relief

Distinguer terrain naturel et terrain projeté

La coupe doit permettre de comparer la situation avant travaux et le profil prévu après réalisation du projet.

TN — Terrain naturel

Le terrain naturel correspond au profil du terrain avant les travaux du projet.

Il sert notamment de référence pour comprendre la pente existante et, selon le règlement applicable, pour apprécier certaines hauteurs.

TP — Terrain projeté

Le terrain projeté correspond au profil du terrain après les travaux.

Il intègre les déblais, remblais, plateformes, talus, rampes et autres modifications prévues.

Comme sur le PC2, une convention graphique claire est recommandée. Par exemple, le TN peut être représenté en rouge et le TP en bleu. Ces couleurs sont une convention de dessin et non une obligation réglementaire.

Utiliser une légende Pour éviter de surcharger la coupe avec les mentions « TN » et « TP » répétées à chaque point, utilisez une légende altimétrique. Les mentions peuvent ensuite être conservées uniquement aux endroits où elles sont nécessaires à la compréhension.
04 · Altimétrie

Indiquer les niveaux de manière cohérente

Les niveaux représentés sur le PC3 doivent correspondre à ceux du plan de masse. Le PC3 est souvent la pièce où les incohérences altimétriques deviennent les plus visibles.

TNTerrain naturel avant travaux
TPTerrain projeté après travaux
± 0,00Niveau de référence du projet

Le niveau ± 0,00

En pratique, on choisit généralement le ± 0,00 par rapport au niveau de référence du rez-de-chaussée du projet, souvent le niveau fini du plancher du RDC.

Les autres niveaux peuvent ensuite être exprimés relativement à ce point de référence : sous-sol, étages, égout, acrotère, faîtage ou terrain.

Exemple Si le plancher fini du RDC correspond à 152,80 m NGF-IGN69, on peut écrire :

± 0,00 projet = 152,80 m NGF-IGN69

Rattachement au NGF-IGN69

En France continentale, les altitudes sont couramment rattachées au système NGF-IGN69. Ce référentiel permet d’exprimer les altitudes dans un système national commun plutôt qu’avec un zéro propre à chaque projet.

Une cote telle que 152,80 m NGF-IGN69 est donc une altitude absolue rattachée au référentiel national, tandis que ± 0,00 est une convention relative choisie pour le projet.

Cohérence Si vous utilisez à la fois des niveaux relatifs et des altitudes NGF, indiquez clairement leur correspondance et conservez-la sur le PC2, le PC3 et les autres pièces concernées.
05 · Checklist

Que doit-on pouvoir lire sur une coupe ?

Profil du terrain naturel
Profil du terrain projeté si modifié
Construction projetée
Niveau ± 0,00
Niveaux des planchers utiles
Altitudes significatives
Égout, acrotère ou faîtage si utile
Pentes de toiture indiquées en degrés
Pentes des lucarnes si pertinentes
Déblais et remblais visibles
Talus et soutènements importants
Limites du terrain si utiles
Trait de coupe repéré sur le PC2
Échelle lisible
PC3 — PLAN EN COUPE · Exemple pédagogique
± 0,00
+ 3,00
TN
TP
06 · Terrain

Montrer clairement les déblais et remblais

Lorsque le profil du terrain est modifié, la coupe doit permettre de comprendre où et dans quelle mesure le terrain est transformé.

Déblai

Le projet retire de la matière : le terrain projeté se situe sous le terrain naturel.

Remblai

Le projet ajoute de la matière : le terrain projeté se situe au-dessus du terrain naturel.

Attention aux terrassements « invisibles » Un projet peut sembler peu modifier le terrain en plan de masse, alors qu’une coupe révèle un remblai important, une rampe, un talus ou un mur de soutènement. Le PC3 doit montrer ces transformations avec suffisamment de clarté.
07 · Règles

Utiliser la coupe pour vérifier les hauteurs

Le PC3 permet souvent de contrôler les règles de hauteur du PLU, mais la méthode de calcul dépend du règlement applicable.

Selon le PLU ou PLUi, la hauteur peut être mesurée par exemple jusqu’à l’égout, à l’acrotère, au faîtage ou au point le plus haut, et depuis une référence telle que le terrain naturel ou un autre niveau défini.

Ne jamais appliquer une règle générique Avant de coter une hauteur réglementaire, lisez précisément la définition de la hauteur dans le règlement local. Deux communes peuvent utiliser des méthodes de mesure différentes.

Lorsque la hauteur dépend du terrain naturel, conservez clairement le profil TN sur la coupe. Il permet de comprendre la référence à partir de laquelle la hauteur a été déterminée.

08 · Calcul de hauteur

Terrain moyen ou niveau le plus défavorable : lire d’abord le PLU

Sur un terrain en pente, la hauteur maximale d’une construction ne se calcule pas toujours depuis un seul niveau. Le règlement local peut définir une méthode particulière : terrain naturel moyen, point médian, niveau le plus bas, mesure à l’aplomb de chaque point de la construction ou encore niveau le plus défavorable.

Il n’existe pas une formule nationale unique La méthode de calcul de la hauteur dépend de la définition donnée par le PLU, le PLUi ou le règlement applicable. Il faut donc toujours lire la définition de « hauteur » et, lorsqu’elle existe, celle du « terrain naturel moyen » avant d’effectuer le calcul.

Qu’est-ce que le terrain naturel moyen ?

Le terrain moyen est une altitude de référence calculée à partir de plusieurs altitudes du terrain naturel. Son objectif est notamment de disposer d’un niveau de référence représentatif lorsque l’emprise de la construction se situe sur un terrain en pente.

La méthode exacte est celle imposée par le règlement. Certains règlements prévoient par exemple une moyenne des altitudes relevées aux angles de la construction ; d’autres utilisent des points médians de façades ou une autre méthode. Il ne faut donc pas appliquer automatiquement la moyenne des quatre angles à tous les projets.

Exemple pédagogique — si le règlement demande la moyenne des 4 angles Supposons les niveaux de terrain naturel suivants au droit des quatre angles de la construction :

A = 152,20 m · B = 152,60 m · C = 153,00 m · D = 153,40 m NGF

TN moyen = (152,20 + 152,60 + 153,00 + 153,40) ÷ 4 = 152,80 m NGF

Si le règlement autorise par exemple une hauteur maximale de 10,00 m mesurée depuis ce terrain moyen jusqu’au point de référence qu’il définit, l’altitude maximale correspondante serait alors :

152,80 + 10,00 = 162,80 m NGF.

Cet exemple n’est valable que si le règlement applicable définit effectivement la hauteur de cette manière.

Et si le règlement impose le niveau le plus défavorable ?

Certains règlements ne retiennent pas un terrain moyen. Ils demandent de contrôler la hauteur depuis le terrain naturel au point le plus défavorable, ou à l’aplomb de tout point de la construction.

Pour une hauteur maximale, le point défavorable est généralement celui qui produit la plus grande hauteur mesurée entre le terrain de référence défini par le règlement et le point de la construction concerné. Sur un terrain descendant, il s’agit souvent du côté où le terrain naturel est le plus bas, mais il faut appliquer exactement la définition locale.

Méthode « terrain moyen »

Plusieurs niveaux TN sont utilisés pour déterminer une altitude moyenne, puis la hauteur réglementaire est mesurée depuis cette référence selon la méthode définie par le règlement.

Méthode « point défavorable »

On vérifie la construction au point où l’écart vertical réglementaire est le plus contraignant, sans remplacer ce contrôle par une moyenne qui pourrait masquer localement un dépassement.

Le réflexe ArchiBalise Sur le PC3, faites apparaître les cotes TN qui servent réellement au calcul, puis matérialisez la hauteur réglementaire. Le calcul devient ainsi contrôlable directement sur la coupe et évite de laisser l’instructeur reconstituer votre méthode.
09 · Toitures

Indiquer les pentes des toitures et des lucarnes

Le PC3 est également un bon support pour indiquer la géométrie de la toiture. Lorsque le règlement encadre les pentes, celles-ci doivent être facilement vérifiables dans le dossier.

Il est recommandé d’inscrire directement sur la coupe la pente de chaque pan de toiture en degrés, par exemple 45°, ainsi que la pente des toitures de lucarnes lorsqu’elles en possèdent une et que cette information est utile à la vérification du projet.

Pente du pan principal : ex. 45°
Pente du pan opposé si différente
Pente des lucarnes lorsqu’elle est pertinente
Cohérence avec les PC5 façades et toitures
Degrés ou pourcentage ? Pour une toiture, les règlements locaux expriment fréquemment la pente en degrés, mais certains peuvent employer un pourcentage ou une autre formulation. Reprenez l’unité utilisée par le règlement applicable et évitez toute conversion approximative.
Exemple de notation sur la coupe Toiture principale : 45°
Lucarne : 35°

Ces valeurs sont uniquement des exemples graphiques : les pentes réelles doivent correspondre au projet et aux prescriptions du PLU ou PLUi.
10 · Avant / après

État initial et état futur

Lorsque le projet modifie le profil du terrain, le Code de l’urbanisme impose de faire apparaître l’état initial et l’état futur.

Les deux situations peuvent être représentées sur une même coupe grâce à des traits et une légende clairement différenciés. Pour un projet complexe, l’agence peut également choisir de séparer les représentations sur plusieurs dessins si cela améliore la lecture.

Nomenclature On peut rencontrer des appellations telles que PC3a — état existant et PC3b — état projeté, mais cette organisation relève d’une convention de dossier. Elle n’est pas une nomenclature nationale obligatoire.
11 · Contrôle croisé

PC2 et PC3 doivent raconter exactement le même terrain

Le plan de masse et la coupe sont deux représentations différentes d’un même projet. Leurs informations altimétriques doivent donc correspondre.

Même ± 0,00
Mêmes altitudes TN
Mêmes altitudes TP
Même position des soutènements
Même niveau des accès
Même géométrie générale du projet
Contrôle avant dépôt Ouvrez le PC2 et le PC3 côte à côte et contrôlez chaque niveau important. Une différence de cote entre les deux pièces donne immédiatement l’impression d’un dossier non maîtrisé et peut nécessiter une clarification pendant l’instruction.
12 · Contrôle

Les erreurs fréquentes

Ne montrer que la construction

Le rôle du PC3 est précisément de montrer la relation entre la construction et le profil du terrain.

Faire disparaître le terrain naturel

Si le projet modifie le terrain, l’état initial doit rester identifiable afin de comprendre les transformations prévues.

Choisir une coupe qui n’explique rien

Une coupe placée sur une zone plate alors que le terrain présente une forte pente ailleurs peut masquer l’enjeu principal du projet.

Confondre TN et TP

Utilisez une convention graphique et une légende pour éviter toute ambiguïté entre l’état du terrain avant et après travaux.

Modifier les niveaux entre PC2 et PC3

Les altitudes et niveaux doivent être identiques sur l’ensemble du dossier.

Oublier de reporter le trait de coupe sur le plan de masse

Le lecteur doit savoir précisément où la coupe a été réalisée.

Coter une hauteur sans vérifier sa définition dans le PLU

La référence de mesure peut varier selon les règlements locaux.

Calculer systématiquement la hauteur depuis un terrain moyen

Le terrain moyen n’est pas une méthode universelle. Le règlement peut imposer une moyenne précise, un point médian, une mesure à l’aplomb ou le niveau le plus défavorable.

Oublier les pentes de toiture et de lucarnes

Lorsque la pente est réglementée, indiquer directement son angle sur la coupe facilite fortement le contrôle de conformité.

Source réglementaire principale

Article R.431-10 b du Code de l’urbanisme : le projet architectural comprend un plan en coupe précisant l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux modifient ce profil, le plan fait apparaître l’état initial et l’état futur. Vérifiez toujours la version en vigueur lors du dépôt.