À quoi sert le PC3 ?
Le plan en coupe précise l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain. Il permet donc de lire le projet dans sa dimension verticale.
Il est particulièrement important dès que le terrain est en pente, qu’un terrassement est prévu, qu’un niveau de rez-de-chaussée doit être justifié ou que les règles de hauteur dépendent du terrain naturel.
Bien choisir le trait de coupe
Le PC3 n’est pas une coupe choisie au hasard. Son emplacement doit permettre d’expliquer le projet là où la relation entre construction et terrain est la plus significative.
Distinguer terrain naturel et terrain projeté
La coupe doit permettre de comparer la situation avant travaux et le profil prévu après réalisation du projet.
TN — Terrain naturel
Le terrain naturel correspond au profil du terrain avant les travaux du projet.
Il sert notamment de référence pour comprendre la pente existante et, selon le règlement applicable, pour apprécier certaines hauteurs.
TP — Terrain projeté
Le terrain projeté correspond au profil du terrain après les travaux.
Il intègre les déblais, remblais, plateformes, talus, rampes et autres modifications prévues.
Comme sur le PC2, une convention graphique claire est recommandée. Par exemple, le TN peut être représenté en rouge et le TP en bleu. Ces couleurs sont une convention de dessin et non une obligation réglementaire.
Indiquer les niveaux de manière cohérente
Les niveaux représentés sur le PC3 doivent correspondre à ceux du plan de masse. Le PC3 est souvent la pièce où les incohérences altimétriques deviennent les plus visibles.
Le niveau ± 0,00
En pratique, on choisit généralement le ± 0,00 par rapport au niveau de référence du rez-de-chaussée du projet, souvent le niveau fini du plancher du RDC.
Les autres niveaux peuvent ensuite être exprimés relativement à ce point de référence : sous-sol, étages, égout, acrotère, faîtage ou terrain.
± 0,00 projet = 152,80 m NGF-IGN69
Rattachement au NGF-IGN69
En France continentale, les altitudes sont couramment rattachées au système NGF-IGN69. Ce référentiel permet d’exprimer les altitudes dans un système national commun plutôt qu’avec un zéro propre à chaque projet.
Une cote telle que 152,80 m NGF-IGN69 est donc une altitude absolue rattachée au référentiel national, tandis que ± 0,00 est une convention relative choisie pour le projet.
Que doit-on pouvoir lire sur une coupe ?
Montrer clairement les déblais et remblais
Lorsque le profil du terrain est modifié, la coupe doit permettre de comprendre où et dans quelle mesure le terrain est transformé.
Déblai
Le projet retire de la matière : le terrain projeté se situe sous le terrain naturel.
Remblai
Le projet ajoute de la matière : le terrain projeté se situe au-dessus du terrain naturel.
Utiliser la coupe pour vérifier les hauteurs
Le PC3 permet souvent de contrôler les règles de hauteur du PLU, mais la méthode de calcul dépend du règlement applicable.
Selon le PLU ou PLUi, la hauteur peut être mesurée par exemple jusqu’à l’égout, à l’acrotère, au faîtage ou au point le plus haut, et depuis une référence telle que le terrain naturel ou un autre niveau défini.
Lorsque la hauteur dépend du terrain naturel, conservez clairement le profil TN sur la coupe. Il permet de comprendre la référence à partir de laquelle la hauteur a été déterminée.
Terrain moyen ou niveau le plus défavorable : lire d’abord le PLU
Sur un terrain en pente, la hauteur maximale d’une construction ne se calcule pas toujours depuis un seul niveau. Le règlement local peut définir une méthode particulière : terrain naturel moyen, point médian, niveau le plus bas, mesure à l’aplomb de chaque point de la construction ou encore niveau le plus défavorable.
Qu’est-ce que le terrain naturel moyen ?
Le terrain moyen est une altitude de référence calculée à partir de plusieurs altitudes du terrain naturel. Son objectif est notamment de disposer d’un niveau de référence représentatif lorsque l’emprise de la construction se situe sur un terrain en pente.
La méthode exacte est celle imposée par le règlement. Certains règlements prévoient par exemple une moyenne des altitudes relevées aux angles de la construction ; d’autres utilisent des points médians de façades ou une autre méthode. Il ne faut donc pas appliquer automatiquement la moyenne des quatre angles à tous les projets.
A = 152,20 m · B = 152,60 m · C = 153,00 m · D = 153,40 m NGF
TN moyen = (152,20 + 152,60 + 153,00 + 153,40) ÷ 4 = 152,80 m NGF
Si le règlement autorise par exemple une hauteur maximale de 10,00 m mesurée depuis ce terrain moyen jusqu’au point de référence qu’il définit, l’altitude maximale correspondante serait alors :
152,80 + 10,00 = 162,80 m NGF.
Cet exemple n’est valable que si le règlement applicable définit effectivement la hauteur de cette manière.
Et si le règlement impose le niveau le plus défavorable ?
Certains règlements ne retiennent pas un terrain moyen. Ils demandent de contrôler la hauteur depuis le terrain naturel au point le plus défavorable, ou à l’aplomb de tout point de la construction.
Pour une hauteur maximale, le point défavorable est généralement celui qui produit la plus grande hauteur mesurée entre le terrain de référence défini par le règlement et le point de la construction concerné. Sur un terrain descendant, il s’agit souvent du côté où le terrain naturel est le plus bas, mais il faut appliquer exactement la définition locale.
Méthode « terrain moyen »
Plusieurs niveaux TN sont utilisés pour déterminer une altitude moyenne, puis la hauteur réglementaire est mesurée depuis cette référence selon la méthode définie par le règlement.
Méthode « point défavorable »
On vérifie la construction au point où l’écart vertical réglementaire est le plus contraignant, sans remplacer ce contrôle par une moyenne qui pourrait masquer localement un dépassement.
Indiquer les pentes des toitures et des lucarnes
Le PC3 est également un bon support pour indiquer la géométrie de la toiture. Lorsque le règlement encadre les pentes, celles-ci doivent être facilement vérifiables dans le dossier.
Il est recommandé d’inscrire directement sur la coupe la pente de chaque pan de toiture en degrés, par exemple 45°, ainsi que la pente des toitures de lucarnes lorsqu’elles en possèdent une et que cette information est utile à la vérification du projet.
Lucarne : 35°
Ces valeurs sont uniquement des exemples graphiques : les pentes réelles doivent correspondre au projet et aux prescriptions du PLU ou PLUi.
État initial et état futur
Lorsque le projet modifie le profil du terrain, le Code de l’urbanisme impose de faire apparaître l’état initial et l’état futur.
Les deux situations peuvent être représentées sur une même coupe grâce à des traits et une légende clairement différenciés. Pour un projet complexe, l’agence peut également choisir de séparer les représentations sur plusieurs dessins si cela améliore la lecture.
PC2 et PC3 doivent raconter exactement le même terrain
Le plan de masse et la coupe sont deux représentations différentes d’un même projet. Leurs informations altimétriques doivent donc correspondre.
Les erreurs fréquentes
Le rôle du PC3 est précisément de montrer la relation entre la construction et le profil du terrain.
Si le projet modifie le terrain, l’état initial doit rester identifiable afin de comprendre les transformations prévues.
Une coupe placée sur une zone plate alors que le terrain présente une forte pente ailleurs peut masquer l’enjeu principal du projet.
Utilisez une convention graphique et une légende pour éviter toute ambiguïté entre l’état du terrain avant et après travaux.
Les altitudes et niveaux doivent être identiques sur l’ensemble du dossier.
Le lecteur doit savoir précisément où la coupe a été réalisée.
La référence de mesure peut varier selon les règlements locaux.
Le terrain moyen n’est pas une méthode universelle. Le règlement peut imposer une moyenne précise, un point médian, une mesure à l’aplomb ou le niveau le plus défavorable.
Lorsque la pente est réglementée, indiquer directement son angle sur la coupe facilite fortement le contrôle de conformité.
Source réglementaire principale
Article R.431-10 b du Code de l’urbanisme : le projet architectural comprend un plan en coupe précisant l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux modifient ce profil, le plan fait apparaître l’état initial et l’état futur. Vérifiez toujours la version en vigueur lors du dépôt.