À quoi sert le PC6 ?
Le PC6 est un document graphique destiné à montrer comment le projet s’insère réellement dans son environnement.
L’article R.431-10 c du Code de l’urbanisme prévoit un document permettant d’apprécier l’insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel, ainsi que le traitement des accès et du terrain.
Un PC6 n’est pas un simple rendu 3D
Une perspective 3D isolée sur fond blanc, un rendu de concours ou une image montrant uniquement le bâtiment ne répond pas correctement à l’objectif pédagogique du PC6.
Simple rendu 3D
Le bâtiment est montré seul.
L’environnement réel est absent ou remplacé par un décor générique.
Les constructions voisines ne permettent pas de juger l’échelle réelle.
L’image cherche surtout à valoriser l’architecture.
Insertion PC6
Le projet est placé dans le site existant.
Les bâtiments voisins restent visibles.
La rue, les clôtures, le relief et la végétation donnent l’échelle.
L’image permet d’évaluer l’impact visuel réel du projet.
Choisir une vue qui explique réellement le projet
Dans de nombreux cas, la méthode la plus efficace consiste à partir d’une photographie du site existant puis à y intégrer le projet.
Quelle image utiliser comme base ?
Pour réaliser l’insertion, utilisez de préférence une photographie prise directement sur le site. C’est la solution la plus fiable : vous maîtrisez la date de prise de vue, le cadrage, la hauteur de caméra, la résolution et vous pouvez choisir précisément le point de vue qui correspond au projet.
1 — Photo réalisée sur site
Solution à privilégier.
Photographiez vous-même le terrain et son environnement depuis le point de vue retenu pour le PC6.
Vous disposez ainsi d’une image actuelle et adaptée à la future insertion.
2 — Image issue de Google Street View
Elle peut être utile lorsque vous ne disposez pas encore d’une photographie exploitable du site.
Vérifiez toutefois la date de l’image : l’environnement peut avoir évolué depuis la prise de vue.
Elle ne doit pas être présentée comme une photographie réalisée par l’agence.
Nommer les vues et repérer leur position sur les plans
Lorsqu’un dossier comporte plusieurs perspectives d’insertion, il est recommandé de les identifier individuellement afin de pouvoir retrouver immédiatement leur point de vue.
En agence, on rencontre fréquemment des appellations telles que Vue 6.1, Vue 6.2, Vue 6.3, ou encore PC6.1, PC6.2, etc. Cette numérotation est une convention de classement pratique : elle n’est pas imposée sous cette forme par le Code de l’urbanisme.
Vue 6.1 — Insertion depuis la rue principale
Vue 6.2 — Insertion depuis l’accès au terrain
Vue 6.3 — Insertion depuis l’environnement plus éloigné
Reporter le point de vue sur le plan de masse
Pour chaque perspective, il est très utile de reporter sur le PC2 — plan de masse le point depuis lequel l’image est observée, ainsi que sa direction de regard. On utilise généralement une flèche ou un symbole de prise de vue accompagné du même numéro que la perspective.
Construire une insertion étape par étape
Choisir la photographie ou la vue existante
Elle doit montrer clairement l’environnement dans lequel le projet s’insère.
Positionner la caméra 3D
Retrouvez au mieux la hauteur de vue, l’orientation et la focale de la photographie.
Aligner la perspective
Les verticales, points de fuite et dimensions apparentes doivent correspondre à la photo réelle.
Intégrer uniquement le projet
Conservez autant que possible le contexte existant de la photographie.
Traiter les masques et premiers plans
Un arbre, une clôture ou un bâtiment situé devant le projet doit rester devant après l’insertion.
Harmoniser lumière et couleurs
La 3D ne doit pas sembler collée artificiellement dans la photographie.
Respecter le point de vue réel
Une insertion peut être très détaillée et pourtant fausse si la perspective du projet ne correspond pas à celle de la photographie.
Privilégier un point de vue à hauteur humaine
Pour le PC6, privilégiez une perspective correspondant à la perception réelle d’un piéton depuis la rue, le trottoir, l’accès au terrain ou un espace public pertinent. La caméra doit donc être placée à une hauteur humaine, généralement autour de 1,50 à 1,70 m selon le point de vue recherché.
Vue à hauteur humaine
Correspond à une perception réaliste du projet depuis l’espace accessible.
Permet de comparer naturellement le projet aux bâtiments voisins.
Donne une lecture crédible des hauteurs, clôtures, accès et plantations.
Vue aérienne
Montre le projet depuis un point de vue qui n’est généralement pas celui d’un observateur au sol.
Peut donner une bonne compréhension générale du site, mais renseigne moins directement sur l’impact visuel depuis la rue.
Elle est donc à éviter comme seule ou principale vue PC6.
Conserver ce qui permet de juger l’insertion
Le contexte existant est une information du dossier, pas un décor secondaire.
L’image doit représenter le projet réellement déposé
Le PC6 doit être cohérent avec le PC2, le PC3, le PC4 et le PC5. Il ne faut pas améliorer visuellement le projet au point de représenter une architecture différente de celle qui est autorisée.
Privilégier les perspectives de jour
Pour un permis de construire, une vue de jour est généralement beaucoup plus adaptée qu’une perspective nocturne : elle permet de lire correctement les volumes, les matériaux, les teintes, les constructions voisines, le terrain et les aménagements extérieurs.
Vue de jour
Les façades et matériaux restent lisibles.
Le contexte bâti peut être comparé au projet.
Les accès, clôtures et plantations sont identifiables.
Elle répond plus directement à l’objectif d’appréciation de l’insertion.
Vue de nuit
Les volumes peuvent être masqués par les contrastes.
L’éclairage artificiel peut embellir fortement le projet.
Les teintes réelles et le contexte deviennent difficiles à apprécier.
Elle est donc déconseillée comme seule pièce d’insertion.
En pratique, il est donc préférable de fournir au moins une insertion principale de jour. Une vue de nuit peut éventuellement être ajoutée en complément si elle apporte une information utile, par exemple sur l’éclairage d’un projet, mais elle ne devrait pas remplacer la vue de jour.
Ne pas oublier les accès et le traitement du terrain
Le texte réglementaire vise aussi l’impact du projet sur le terrain et le traitement des accès. Ces éléments doivent donc être visibles lorsqu’ils sont significatifs.
Quels outils utiliser ?
La méthode compte davantage que le logiciel. Le PC6 peut être réalisé à partir d’une maquette 3D et d’un logiciel de rendu, puis finalisé en photomontage.
Maquette et rendu
Revit, Archicad, SketchUp ou autre logiciel de modélisation permettent de produire la géométrie du projet.
Twinmotion, D5 Render, Lumion ou d’autres moteurs peuvent ensuite servir à produire la vue du projet avec la caméra adaptée.
Photomontage
Photoshop ou un outil équivalent permet d’intégrer le rendu à la photographie existante, de créer les masques et d’harmoniser les niveaux de lumière.
Checklist du PC6
Les erreurs fréquentes
Sans environnement réel ou suffisamment fidèle, le document ne permet pas d’apprécier correctement l’insertion du projet.
Cela empêche de comparer le projet avec son contexte bâti réel.
Une vue plongeante peut expliquer l’organisation générale du site, mais elle ne remplace pas une insertion principale à hauteur humaine permettant d’apprécier le projet depuis son environnement réel.
Un bâtiment mal aligné avec les points de fuite donne une insertion visuellement fausse, même si la 3D est correcte.
Les plantations ne doivent pas servir à dissimuler le volume ou les façades faisant l’objet de l’autorisation.
La perspective doit conserver les matériaux, ouvertures, niveaux et aménagements réellement déposés.
Le PC6 sert aussi à apprécier la manière dont le projet traite les abords et les accès.
Source réglementaire principale
Article R.431-10 c du Code de l’urbanisme : le projet architectural comprend un document graphique permettant d’apprécier l’insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. Vérifiez toujours la version en vigueur lors du dépôt.